Publié le août 4, 2021
Par Marie Barthelemy

Technologie quantique : que faut-il en attendre ?

Si le terme “technologie quantique” est entré dans notre vocabulaire depuis de nombreuses années déjà, sa compréhension, elle, reste sporadique. Si nous devions résumer simplement ce qui fait la particularité de la technologie quantique, il s’agirait de la comparer à la technologie “traditionnelle” que nous utilisons depuis plusieurs décennies. Ainsi, l’informatique sous sa forme la plus connue repose sur un système binaire, composé de 1 et de 0, qui en fonction de comment ils sont agencés sont interprétés en nombres, valeurs, lettres, etc. On appelle ces valeurs binaires des bits. 

Dans la technologie quantique, il n’est plus question de reposer sur des variations d’ensembles de bits, mais sur des probabilités bien plus complexes. On estime ainsi que l’aléatoire d’un ordinateur binaire est limité par la capacité de calcul dudit ordinateur, puisqu’il répond à un algorithme qui peut être analysé et compris, quand l’aléatoire d’un appareil quantique repose sur un ensemble de probabilités absolument impossible à anticiper, et en constant changement. Cette différence majeure pousse ainsi les spécialistes à accorder aux technologies quantiques un bien plus grand potentiel, voire même une supériorité implacable.

Ce faisant, beaucoup considèrent la quantique comme l’avenir des nouvelles technologies, et reposent tous leurs espoirs sur les applications de cette technologie qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.

La France dans la course au quantique

Lorsque l’on parle d’avancées technologiques, force est de constater que la France a toujours su tirer son épingle du jeu. Et en matière de technologie quantique, l’Hexagone confirme cette constance. 

En effet, une start-up tricolore (cocorico !), Pasqal a mis au point un calculateur quantique opérationnel, qui sera prochainement suivi d’un second. Ces deux calculateurs d’un nouveau genre seront à terme couplés à un supercalculateur classique, pour lui permettre d’améliorer son rendement de manière exponentielle. À ce jour, le calculateur dispose de 100 Qubits (quantum bit  en langue de Shakespear, qui définit l’unité de mesure de ce nouveau système, ainsi que sa capacité de calcul). D’ici à l’horizon 2022, ce sont quelque 1000 Qubits qui sont visés. Le PDG de la start-up, Georges-Olivier Reymond, précise qu’à chaque Qubic ajouté, la puissance de l’ordinateur est multipliée par 2. Un objectif qui ne manque pas d’ambition, et qui pourrait permettre une augmentation exponentielle de la puissance du calculateur.

Le quantique sous toutes les formes

Mais le quantique ne se limite pas seulement à la puissance de calcul. En effet, son application s’étend aux communications, à l’imagerie, à la simulation… À titre d’exemple, une start-up britannique, Kets, est actuellement en cours de développement d’une technologie de chiffrement qui pourrait rendre tout échange informatique absolument inviolable. À terme, cette technologie pourrait permettre de rendre toute attaque informatique impossible, même par un ordinateur quantique malveillant.

Autre application intéressante, une start-up suisse, Qnami, travaille sur la mise au point d’un microscope quantique, qui pourrait permettre d’observer l’infiniment petit avec plus de précision que n’importe quel microscope actuellement disponible.

Si la technologie quantique attire autant l’attention des ingénieurs de la planète, c’est parce que son potentiel reste à ce jour insondable. Pressentie pour définir la norme de la haute technologie du futur, la technologie quantique fait table rase des possibles du binaire, pour créer un tout nouveau champ d’action pour les technologies de demain. Il nous suffit alors d’imaginer quelles seront les utilisations qui verront le jour prochainement, aussi bien pour nous permettre de mieux comprendre notre environnement, mais comment mieux répondre aux besoins auxquels nous sommes dores et déjà confrontés, en particulier sur le plan environnemental.