Publié le juin 10, 2021
Par Marie Barthelemy

NFT : un gouffre écologique sans précédent ?

Si les cryptomonnaies sont déjà connues de tous, leur fonctionnement et leurs dérivés ne sont eux célèbres que chez les plus passionnés d’entre nous. Parmi ces variations, les NFT sont ceux qui ont fait le plus parler d’eux dernièrement. Pour les plus novices, voici une petite explication de ce qu’est un NFT, et quels sont les risques qu’ils représentent sur le plan environnemental. Parce que oui, qui dit avancée technologique dématérialisée ne dit pas forcément neutralité carbone, qui est pourtant sur toutes les lèvres ces derniers temps.

Mieux comprendre ce qu’est un NFT

Issu de l’anglais “non-fungible token” le terme NFT signifie “jeton non-fongible”. Il désigne un jeton cryptographique unique, qui ne peut être échangé contre un autre jeton cryptographique. Ainsi, de par son fonctionnement, il s’oppose aux jetons tels que les cryptomonnaies.

Si l’on devait devait simplifier grossièrement ce qu’est un NFT, on pourrait dire qu’il s’agit d’un certificat d’authenticité numérique appliqué à un objet numérique qui est lui-même unique. Sécurisés et authentifiés grâce à la blockchain, il faudra pour s’en débarrasser le mettre en vente sur un site dédié.

À l’instar des cartes à collectionner que nous avions dans les cours de récréation, ou des autocollants avec le visage de nos footballeurs préférés, leur valeur varie selon la popularité et la rareté de chacun des jetons. Ainsi, plus un NFT est issu d’un processus créatif où la rareté est de mise, plus sa valeur augmente.

À ce jour deux secteurs principalement proposent des NFT, l’art, et les jeux vidéo. Le premier permettant aux acquéreurs d’être les propriétaires d’objets numériques artistiques uniques, le second offrant la possibilité aux joueurs d’être propriétaires de ressources dont ils sont les seuls à les contrôler, contrairement aux jeux plus traditionnels dont les ressources sont gérées par les développeurs.

Afin de vendre ses NFT, il faut se rendre sur un site spécialement conçu pour ça, qui assure le maintien de l’authentification, comme par exemple Nifty Gateway, Rarible, Super Rare, Known Origin et MakersPlace.

Pourquoi les NFT inquiètent les protecteurs de l’environnement ?

On l’aura compris, les NFT ne sont accessibles que via internet, et plus encore, ils ne peuvent exister qu’en ligne. Pour les acquérir, rien de plus simple, il suffit de les acheter. Mais voilà, pour acheter sur internet, si la grande majorité des sites marchands proposent la possibilité de payer par carte bancaire ou via un compte paypal, ici, il n’en est rien. La seule monnaie acceptée en matière de NFT est la cryptomonnaie. Bitcoin, et plus souvent Ethereum sont ainsi essentiels dans ce milieu. Et c’est bien là que réside le plus gros souci environnemental de ce type de commerce. En effet, pour miner une cryptomonnaie, il est nécessaire d’utiliser un (voire même plusieurs) ordinateur particulièrement gourmand en énergie. Ainsi, par extension, les NFT nécessitent au préalable une consommation énergétique de taille, avant même de pouvoir être rendus accessibles. Plus encore, les serveurs qui permettent de les conserver protéger sont eux-aussi énergivores. Et la dernière étape de leur processus de vie n’est pas non plus éco-friendly. En effet, les sites mentionnés plus tôt qui permettent de les mettre en vente ne sont autre que des sites d’enchères équipés de protocoles de protection. Et pour faire fonctionner tout ça, l’électricité est consommée sans vergogne… Bref, en résumé, quelle que soit l’étape dans la vie d’un NFT, la consommation énergétique est de mise, et c’est bien là que tout le problème environnemental réside. 

Si les NFT permettent d’ouvrir un nouveau champ des possibles en matière artistique ou vidéoludique, ils nécessitent également une consommation énergétique qui ne laisse pas les défenseurs de l’environnement indifférents, non sans raison !