Publié le janvier 6, 2022
Par Elodie Girard
Content manager, Greenmetrics

La pollution numérique, qu’est-ce que c’est ?

Chaque jour, des milliers d’ordinateurs s’ouvrent pour débuter leur journée, des milliers de smartphones s’illuminent à la réception d’un message Whatsapp, des milliards d’emails sont échangés, des milliards de requêtes sur Google… Ces tonnes d’actions ont des impacts environnementaux néfastes pour notre planète. À une époque où tout se digitalise et se dématérialise, nous pouvons rapidement penser que notre impact sur l’environnement régresse ; si bien que nos nouveaux réflexes et habitudes n’ont que peu de répercussions sur la planète. Malgré toutes les bonnes vertus d’internet, il existe une pollution numérique. 

Pollution numérique impact sur notre environnement
Pollution numérique : derrière nos écrans, que se passe-t-il ?

Définition de la pollution numérique

D’après l’ADEME, le secteur informatique est responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre

  • 25% sont dues aux data centers
  • 28% sont dues aux infrastructures du réseau
  • 47% sont dues aux équipements des consommateurs (ordinateurs, smartphones, tablettes, objets connectés, GPS…)

De plus, la forte augmentation des usages laisse présager un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025.

La pollution numérique désigne toutes les formes de pollution engendrées par le secteur informatique. Elle a deux points d’origine : une dimension visuelle par nos équipements informatiques et une dimension virtuelle par l’usage que nous en faisons.

Pollution numérique : cycle de vie du numérique
Cycle de vie du numérique

Mon écran, l’antre du numérique

Un équipement pour me connecter

C’est toujours la même chose. Que ce soit pour lire vos emails, regarder votre série préférée sur Netflix ou Amazon Prime, poster vos photos instagrammables… Vous utilisez un écran via un appareil électronique.

D’après l’étude iNum, en France, en 2020 : 

  • 631 millions d’équipements sont utilisés par 58 millions de personnes
  • Soit environ 11 appareils numériques par utilisateur (moyenne mondiale : 8)

Les ordinateurs et les smartphones sont les équipements les plus utilisés mais n’oublions pas aussi les télévisions, les tablettes, les consoles de jeux, les imprimantes et les objets connectés. Ces équipements, de plus en plus à la pointe de la technologie, requièrent de plus en plus de matériaux qui ont un impact direct sur notre environnement.

À la conquête des matières premières

D’après l’étude La Face Cachée du numérique, il faut mobiliser en moyenne de 50 à 350 fois le poids des appareils électriques à forte composante électronique en matière première pour les produire. Par exemple, pour un ordinateur portable de 2kg il faut 800kg de matières premières soit 124kg de CO₂, l’équivalent d’un Paris-Munich en avion ! 

Notons que la phase de fabrication s’avère plus énergivore et émettrice en CO₂ que la phase d’utilisation du produit par le consommateur. En effet, l’extraction, le raffinage et le transport de minerais précieux à travers le monde entier (du lithium de Bolivie, du cuivre de Bolivie, de l’or d’Australie, du magnésium de Chine…) alourdissent fortement le bilan carbone. 

Une connexion câblée et stockée par des datacenters

Pour pouvoir publier sur Facebook, commander en ligne le repas du midi pour nos collègues ou chercher les réponses à toutes nos questions sur Google, il faut un point de transit afin de traiter et stocker l’information. Même si nous ne le voyons pas, toutes nos actions sur internet transitent par des câbles et sont stockées dans des centres de données très énergivores. Aujourd’hui, ils utilisent 1% de la consommation électrique mondiale.

« Environ 450 tentacules “allumés” tapisseraient désormais le fond des océans,
totalisant 1,2 million de kilomètres, soit trente fois la circonférence de la Terre. »
Guillaume Pitron, L’enfer du numérique

Notre navigation internet source de pollution numérique

Comme annoncé précédemment, les chiffres des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale dues au secteur informatique pourraient doubler d’ici 2025.

La raison est simple. Plus le temps passe, plus les services proposés aux utilisateurs sont de meilleure qualité : le débit internet est de plus en plus rapide, la qualité des vidéos en ligne est améliorée, la diversité des services multipliée… Toutes ces innovations augmentent notre empreinte carbone à cause des émissions de CO₂ exponentielles.

« 89% des français utilisent internet dont 80 % tous les jours, 
en moyenne 18h par semaine. » ADEME

Regardons de plus près 3 usages qui contribuent à la pollution numérique.

Le streaming… l’activité qui génère le plus de pollution numérique

Les vidéos en ligne représentent 60 % du flux mondial de données et sont responsables de près de 1 % des émissions mondiales de CO₂. Un film en très haute définition 4K sur les plateformes comme Netflix peut peser jusqu’à 7 Giga-octets soit 140 000 emails sans pièce jointe envoyés (50Ko pour un email standard). Sachant qu’en moyenne une personne regarde des vidéos et des films sur internet entre 5 à 10h chaque semaine… Si nous faisons le calcul, ça commence à faire beaucoup d’emails !   

L’email, l’instantanéité qui parcourt la planète

L’email… Un message simple et rapide qui nous permet d’oublier tout ce qu’il représente. En 2019, c’est 293 milliards d’emails qui ont été envoyés (hors spam) par la moitié de la population mondiale. Mais pour pouvoir être reçu, un email doit parcourir quelques étapes… 15 000 km !

  1. Vous écrivez et envoyez l’email (potentiellement avec une pièce jointe)
  2. Le datacenter du fournisseur d’accès : réceptionne, traite, stocke votre message et le transmet au réseau
  3. Votre message transit dans le monde entier
  4. Le datacenter du fournisseur d’accès : réceptionne, traite, stocke votre message et le retransmet au réseau
  5. Votre correspondant reçoit l’email 

« Si nous prenons une entreprise de 100 personnes,
elle génère chaque année avec son courrier électronique 13,6 tonnes d’équivalentCO₂,
soit l’équivalent de 14 allers-retours Paris-New-York. », ADEME

Quant au spam, il représente 50-60% du trafic total. La majeure partie (près de 90%) est filtrée en amont par les outils anti-spam des messageries et est donc invisible à vos yeux… Vous ne le trouverez pas dans votre dossier “indésirables” !

Le like non aimé par l’environnement

Partager vos vacances en story, liker la publication de votre marque préférée, discuter via messagerie instantanée… Et tout ce qui est enregistré sur vous : votre géolocalisation, vos horaires et durées de connexion, vos activités sur les réseaux sociaux… Doivent être stockés quelque part ! 

Aujourd’hui, ce sont près de 51% de la population mondiale – 4,3 milliards de personnes – qui utilisent les réseaux sociaux. De Facebook à Youtube, en passant par Instagram ou Twitch, les consommateurs du web passent en moyenne 2h30 par jour sur les réseaux.

Afin de faire fonctionner ces services dans les meilleures conditions, nos réseaux favoris sont hébergés sur des serveurs qui fonctionnent 24h/24, 7j/7. Chaque bribe de vidéos, chaque pixel de photographies et chaque octet de textes sont ainsi rendus accessibles à tous grâce à des superordinateurs qui ne connaissent pas l’état de veille. Et plus le fichier auquel nous souhaitons accéder est volumineux, plus son impact sur l’environnement est grand.

Selon une étude menée par Greenspector en 2020, un utilisateur produit en moyenne 165,6 gEqCO2 (gramme équivalent au gaz carbonique) par jour, soit 60 kgEqCO2 par an. À titre indicatif, cela correspond à plus de 535 km parcourus en voiture ! Multipliez ainsi ce nombre par tous les utilisateurs des réseaux sociaux…

Mais alors que faire pour réduire cette pollution numérique ?

Vous l’aurez compris, si notre époque se veut de plus en plus performante en matière de solutions informatiques proposées au public, l’impact du numérique sur l’environnement est lui aussi de plus en plus grand. Ainsi, afin de lutter contre cela, il tient à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice pour réduire au maximum notre empreinte carbone.

Pollution numérique par vos équipements : longévité sera le maître-mot 

  • Évitez autant que possible l’achat de nouveaux matériels informatiques.
  • Ne changez pas de smartphones à chaque fois qu’un nouveau modèle est disponible… Certes c’est tentant mais vous n’en avez pas besoin ! 
  • Privilégiez la réparation d’un outil en panne pour lui offrir une seconde vie.
  • Optez pour de l’occasion ou du reconditionnement pour vos nouvelles acquisitions.
  • Ne stockez pas votre vieux matériel mais ne le jetez pas non plus à la poubelle… Pensez au don, troc et vente d’occasion.

Pollution numérique par vos activités : privilégiez la qualité à la quantité

Pour vos streaming : 

  • Sacrifiez la haute définition pour une qualité moindre… Promis, votre série ou film sera toujours aussi palpitant.
  • Bloquez la lecture automatique de l’épisode suivant, ça vous évitera du binge-watching.
  • Privilégiez le téléchargement au visionnage en ligne. Et si vous préférez en ligne, optez pour le wifi plutôt que la 4G/5G.

Pour vos emails : 

  • Ciblez vos destinataires, nettoyez vos listes de diffusion et supprimez les pièces jointes d’un message auquel vous répondez.
  • Optimisez la taille de vos pièces jointes. 
  • Nettoyez régulièrement votre boîte mail et désinscrivez-vous des listes de diffusion qui ne vous intéressent plus. Il est temps de cleaner

Pour vos réseaux sociaux : 

  • Ne scrollez pas toutes les vidéos des réseaux sociaux.
  • Minimisez le partage de photos et vidéos sur les réseaux sociaux… Choisissez LA publication qui va faire le buzz.
  • Choisissez le réseau pour partager votre contenu (instagram, whatsapp, dropbox, etc.) afin de ne pas dupliquer l’espace de stockage.

Bonus : 

  • Coupez votre box internet lors de vos absences.
  • Réfléchissez 7 fois à votre requête avant de la taper sur Google… Le résultat n’en sera que meilleur ! 
  • Évitez de laisser tous vos onglets ouverts… vous y verrez plus clair !

Vous l’aurez compris, bien des solutions existent, il ne tient qu’à vous de les appliquer !